(2010s – T.R.A.P.)

Trap en anglais ça veut dire piège. Une fois que t’y es, t’en sors plus. Et c’est un peu c’qu’il s’est passé durant cette décennie. Genre, ça a commencé doucement vers 2012 et depuis, on entend que ça. QUE ÇA !

La trap music, soit True Rhythm And Poetry, est un mouvement dans le mouvement. C’est un mouvement musical (hip-hop, obviously), né d’un contexte social à Atlanta (Atl pour les intimes) dans les années 90, en vrai. Y a tellement d’choses à dire sur cette musique, et mouvement !, que j’compte en faire tout un chapitre. So là, on va juste se focus sur son ascension pendant les années 2010 et mieux comprendre pourquoi aujourd’hui on se sent pris au piège #sisiii

Donc la trap, premier débat, on sait pas trop qui en est le précurseur. Enfin moi j’le sais parce que j’te l’dirai dans le chapitre, mais sinon, de notoriété générale, la trap se dispute entre T.I. et Gucci Mane. Gods of Trap comme on les appelle, ils sont les premiers à démocratiser ce genre musical. Mais j’en suis sûre qu’en 2012, si j’t’avais dit que j’écoutais Gucci Mane t’aurais été là en mode “hein ? Gucci fait d’la musique maintenant ?” … Et pourtant. C’est un rappeur qui faisait d’la musique qu’aujourd’hui tout le monde écoute et dont certains se sont inspirés : son manager, Coach K, est devenu le manager d’un groupe que tu connais c’est suuuuuur car, qu’on aime ou qu’on aime pas, ils sont les trappeurs les plus connus au monde aujourd’hui et donc ont eu leur impact sur la scène musicale hip-hop. Evidemment, j’ai nommé le trio Migos. Les Migos. Trois petits bambins devenus la référence. En 2013 ils sortent le son qui fera d’eux ce qu’ils sont maintenant : Versace. Ils cartonnent, pas grâce aux paroles, tu t’en doutes bien hein, mais grâce au beat. Beat qu’on doit à Zaytoven, le Beethoven de la trap quoi. Rien que ça – fin d’après lui hein, pas d’après moi/nous.

Bref, les Migos ne se sont plus arrêtés, sons sur sons, feat. sur feat., club de strip sur club de strip… Et ainsi, ils marquèrent la décennie. Hélas, ou pas, ça dépend c’que tu recherches en fait, ils sont la preuve qu’aujourd’hui on ne veut plus entendre des lyrics mais plutôt des beats qui font bouger. Bon, évidemment c’était le cas aussi avant 2010 mais là, , on est en plein dans la génération turn up. Walk it Talk it. Versace. Bad and Boujee. On va pas s’mentir, c’est du “true rhythm” mais pas de la “poetry” – #justsayin

Dans le même style, on a 2 Chainz. Un chouiya plus mature de par son âge – le double des Migos presque – et son expérience. Mais pareil, la trap musique lui doit beaucoup car il fait partie de ses plus grands ambassadeurs. D’ailleurs, j’ai appris avec lui (oui, on s’est rencontrés et tout #joke) que pour savoir si un son a du potentiel ou pas, bah avant de le sortir au grand public, on le fait passer dans les strip clubs. Haha. Mais non, c’est pas une blague. Et ça, tu vois, ça vient impacter le visuel aussi : c’est là où, malheureusement, les clips des années 10s prennent un coup : on n’voit plus des extraterrestres danser pour Missy Elliott mais plutôt des meufs tout à fait normales, juuuuuuste un peu nue, en train de bouger leur popotin presque plat avec une certaine retenue. On parle de vrai turn up, Maggle.

Et qui d’autre que Cardi B pour les représenter, sérieux ? Bon, en termes de lyrics, ça peut se discuter. J’trouve quand même qu’elle a un message à faire passer et j’peux pas dire qu’elle raconte toujours n’imp’. Par contre, pour les clips… Y en a à qui ça plait – to, avoue ! – d’autres moins. Genre moi, j’vais pas t’mentir, j’me suis arrêtée en 2000 avec, j’crois qu’tu l’as compris, Missy. Donc dans une ère de trap j’ai tendance à m’arrêter aux lyrics, quand y en a, ou au beats de folie trappesque pour compenser (faut avouer, ils sont oufs les beats souvent).

En tout cas (ça veut dire bref). Tout ce qu’on entend actuellement, à peu de choses près, c’est d’la trap. Ce qui confirme que notre génération n’est pas là pour réfléchir mais pour s’amuser. C’est une conclusion bien grosse j’l’admets, mais tu vois toujours où j’veux en venir, Maggle, pas vrai ? Nous sommes à la recherche du turn up. Peut-être parce qu’on en a marre de voir tout c’qu’il se passe à l’extérieur et qu’on veut faire abstraction ? Who knows… L’essentiel c’est que la trap est venue nous sauver.

Qu’en est-il en France ? Forcément, comme dit plus haut, en 2012 on y échappe pas ici ou aux States. Les meilleurs potes du monde, Booba et Kaaris et le petit dernier, Gradur, en sont les ambassadeurs premiers. On connaît leur histoire, EPs, Albums, Octogone #blablabla. Mais en vrai, c’est pas ça qui pour moi a marqué l’industrie de 2010 à 2019 chez nous.

Soyons honnête, Kaaris a eu plus d’impact qu’un MHD ? Perso, j’crois pas. La trap arrive des US, ok, cool. Mais l’Afro Trap, elle vient d’où ? Ou du moins, elle décolle grâce à qui ? Bah grâce à nous, Maggle ! Grâce à la France, grâce à Paris XIX, grâce à MHD ! Tellement innovant que le p’tit il est suivi depuis les US et le monde entier ! Il est invité à Coachella steuplait ! Fin, tu vois ? On en parlait en plus avec Rocé, souviens toi, on disait enfin quelqu’un qui apporte un vent frais et qui ne suit pas les US, mais au contraire, dont les US sont admiratifs. Hip-hop, Maggle. Innovation. Je sais pas si c’est un coup de chance mais pour qu’un son balancé sur internet cartonne autant en si peu de temps c’est que… c’est qu’on manquait de quelque chose et MHD nous a sauvés aussi. Depuis, j’vais pas te citer tous les artistes qui ont suivi le mouv’, mais t’es d’accord, il a créé un truc historique dans le mouvement 😉

Donc oui, la trap a un peu bousculé le hip-hop. Musicalement, surtout, mais aussi en termes de danse (le twerk est une danse, oui oui), en termes vestimentaires (j’sais pas moi, regarde les danseuses un peu comment elles sont habillées, ou pas) et surtout, surtout, ça a remis en place la place du producteur. J’m’explique. Au tout début, dans les années 90, les producteurs étaient au coeur de l’action et reconnus. Diddy, Jermaine Dupri, Timbaland… ils étaient de véritables stars ! On les voyait dans les clips, on disait leur nom et tout, ils étaient là, quoi. Ensuite, plus rien. On parle de rappeurs/chanteurs mais on oublie ceux qui font le boulot derrière. Années 2000s/fin 2000s, les DJs reprennent le flambeau avec en leader, DJ Khaled. Puis les 2010s arrivent et là : les producteurs sortent carrément leur propre album avec leur nom en gros (et en tout petit, celui de ceux qui posent) : Metro Boomin, Zaytoven. Ma foi, ils redeviennent les stars du game. Et ça, quand même, ça fait du bien. L’Afro Trap, c’est autre chose, on remet en avant les origines africaines de la grande majorité et guess what ? On aime ça. Je crois que l’Afrique n’a jamais autant été représentée dans l’industrie et ça, ça fait encore plus de bien : on est pas beaux tous ensemble aux couleurs de l’Afrique ? Tu crois que Le Pen elle danse sur Champions League ? Sans aucun doute !

Bon sinon, d’après toi, à part l’Afro Trap, quoi/qui d’autre a marqué le hip-hop en France ? – me dit pas Aya Nakamura steup’

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