Chapitre 8 – Graffiti

Par définition, le graffiti c’est écrire sur des murs et surtout, dans des espaces publics. Bah ouais, sinon c’est pas marrant. Donc le graffiti, en vrai, ça date de nos ancêtres les hommes de Cro-Magnons. La Grotte de Lascaux, tu connais ? Bah voila, on peut dire que c’est un vestige du graffiti #Lol. Mais le pire c’est que je ne rigole pas ! Le graff’ c’est la discipline la plus ancienne du hip-hop. Alors certes ça remonte pas à la guerre du feu (quoi que, pourquoi ça compterai pas ?) mais ça date de bien avant les années 70’. Tu m’crois pas ?

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Ça, c’était pendant les manifs de mai 68. Pourtant le hip-hop n’était pas encore “déclaré” à c’moment là. En fait, et c’est vraiment vrai, ça commence pendant la Grèce Antique. Pardonnnn ? Oui, déjà à cette époque on peignait sur les murs des espaces publics pour “afficher” des opinions politiques, religieuses ou des conneries, aussi. Donc tu l’as compris, à la différence du DJing ou du rap, le hip-hop s’est plutôt approprié cette discipline qui existait déjà. Mais Dieu merci, il ne s’est pas arrêté là. Nos artistes hip-hop se sont occupés de le sublimer. Et où est-ce que ça commence ? Avoue tu crois que je vais t’dire New-York 😉

Et pourtant, non. La culture graffiti telle qu’on la connaît elle débarque de Philly, Philadelphie – ville de Rocky Balboa au passage – dans les années 60′, avec notamment le premier graffiti artist ever, CornBread.

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Et tu sais pourquoi ? Parce que CornBread était amoureux et qu’il voulait déclarer sa flamme à sa bien aimée de façon originale. Du coup, Darryl, de son vrai nom, s’est transformé en Super CornBread, pour garder son anonymat tout en partageant l’amour qu’il avait pour Cynthia. Encore grâce à une meuf tout ça… Donc voilà où tout commence aux US. Et en 70, Topcat-126 décide d’importer le concept à New-York d’une autre façon : il tag son pseudonyme, une histoire d’anonymat, toujours, avec le numéro de sa rue – concept qui sera repris par ses collègues new-yorkais, comme Taki-183. Rumba ! Et ils écrivent pas forcément sur des murs pour le coup : ce sont les métros, subway pour les intimes, qui vont faire office de toile d’abord. Le concept ? Bonne question. A mon avis, parce que ces choses traversaient la ville de haut en bas et de droite à gauche et du coup c’était le meilleur moyen pour que le maximum de gens voient et se souviennent du nom de l’artiste. Et puis y avait aussi le côté dangereux et subversif qui ne se dissocie pas du mouvement : ils peignaient la nuit, sur des rails, cachés, et risquaient parfois de se faire happer par un engin en marche… #MoreIsMore. Et n’oublie pas que le concept c’est aussi d’être vu, le maximum de fois, et encore mieux, sur des endroits insolites car c’est ça qui retient l’attention. Avant l’esthétisme. D’ailleurs, parlons écriture 2 minutes. Au tout début, c’était assez basique. Parce que le but c’était de pas se faire prendre par la police donc fallait être rapide. Après, c’est devenu un peu plus sophistiqué mais toujours assez rapide quand même : connu sous le nom de “Wild Style”, on commence à voir des lettres en formes de bulles. Ça te dit quelque chose ?

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En tout cas. Dans les années 70 ça se développe en termes de nombres. Et petit à petit, ça se développe aussi en termes d’écriture. Les artistes s’organisent de mieux en mieux pour créer une scène de crime parfaite [zaama] tout en laissant une véritable œuvre d’art derrière eux. Et là arrive les graffitis illisibles. On va pas s’mentir, Maggle, même moi des fois j’comprends pas c’qu’est écrit. Tu regardes d’en haut, d’en bas, tu fais lettre par lettre et tu comprends toujours wallou. Mais c’est beau ! C’est magnifique ! Et c’est technique ! Ce qui prouve que le gars il a réfléchi, il s’est entraîné, il a recommencé, il a galéré, pour nous faire un truc pareil. Hustle Baby. Autrement dit, Hip-Hop, Baby. Et tu sais que tout le monde dans le hip-hop passe par le graffiti ? La majorité quoi. Car beaucoup d’artistes, avant d’être rappeurs, danseurs ou quoi, taggaient leur noms sur les murs. Eh ouais, la marketing, Maggle, le marketing ! Comme quoi, les écoles de commerce c’est pas forcément la solution hein, suffit d’avoir de l’ambition fois 1000, surtout à une époque où, tiens toi bien, internet n’existait pas ! J’t’apprends un truc de ouf là, avoue. Au final, à l’époque, et encore aujourd’hui pour certains, le graffiti c’était seulement toi, ta bombe et tes ambitions. #HipHop

En France ça arrive un peu plus tard, comme tout, dans les années 80’ – c’est pas du mytho quand on dit que les US ont 10 ans d’avance sur nous. Et ça arrive notamment grâce à Bando. Qui est Bando ? On en parle next week 😉

Peace.

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