Chapitre 6 – DJ, DH, Double H

J’ai relu mon article sur les DJs du Bronx et je me sens coupable… C’était vite fait, non ? Je relisais et j’étais frustrée en mode “mais wesh, pourquoi t’as pas dit ça aussi ? Et ça ?”

La vérité c’est que l’histoire du hip-hop aux US a été faite, refaite et rerefaite un milliard de fois. D’ailleurs, j’vais te partager ma source première sur le hip-hop américain et son histoire qui combine tous les documentaires que tu peux trouver à ce sujet : Hip-Hop Evolution. Sur Netflix en plus. Une petite pépite que très peu de gens connaissent. Et pourtant. Si comme moi des fois t’as juste la flemme de lire (fais un effort pour mon blog quand même) et préfères que quelqu’un te parle live, je t’invite à regarder cette série-docu, réalisée par Shad, rappeur canadien, de Londres, ON. Non loin de là où j’vis – le monde est petit :D. Bon, c’est bon, on est good ? Tu m’en veux plus ? Je peux passer à la France maintenant ? Go !

Alors, les DJ en France ? Haha, je rigole toute seule parce qu’en vrai j’ai dû te dire son nom 15 000 fois dans chaque article de ce blog. Ça commence par un D… Dee Nasty !! Jusque là, je te perds pas j’espère.

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Dee Nasty aux platines; Johnny Go au mic; les gens que j’envie autour. La Chapelle. Paris. Mi 80s.

Je vais pas tout répéter, reste là ! Mais j’vais juste dire que, c’est le first ever in France, #HipHopDJ. Et puis il a précédé d’autres artistes, des talents qui là, j’en suis suuuuuure, genre suuuuuuure tu connais : DJ Abdel, DJ Cut Killer, DJ Kheops, DJ Pone, DJ Djel…

Eh oui. Oui oui. Oui oui oui ! Je t’ai fait une vraie liste à la fin pour ta culture, Maggle 😉

Mais si on se base déjà sur tes connaissances de base du hip-hop et notamment du rap, tu remarqueras qu’à l’époque chaque rappeur, surtout chaque groupe de rap, a son DJ. Cut Killer mixe pour Mc Solaar ou encore Akhenaton, DJ Djel pour la FF, DJ Kheops pour IAM… On n’oubliera pas celui qui nous manque le plus, DJ Mehdi. Iconique. DJ de la Mafia K1fry, parfois, Kery James, souvent, 113… le DJ pour tout ce qui touche à la famille du 94 en fait. Iconique parce que j’crois, qu’au même titre qu’Afrika Bambaataa, c’est l’un des premiers à pas s’enfermer dans le hip-hop et à voguer vers différents styles dont l’électro. Sad story, j’étais en train de me faire tatouer quand j’ai appris son décès. Le même jour. Bref. Il restera mon DJ préféré (après Tonton Dee Nasty) pour ce qu’il a apporté à l’industrie et les portes qu’il a ouvert (non non, David Guetta c’est pas la même catégorie, Maggle, sorry!). 

Dans le même genre on peut parler de DJ Pone et Crazy B, devenus membre du groupe Birdy Nam Nam, plus électro que hip-hop aussi, mais mais, initialement hip-hop quand même ! – et là, la meuf te dit “non mais l’électro en fait c’est inspiré du hip-hop, c’est tout”… ok je sors.

Eh je reviens, j’ai pas fini.

Si je résume gros, les DJ aux US annoncent la couleur, en France on prend le flambeau et on se rend indispensables (je dis “on” parce que moi aussi j’me sens DJ aujourd’hui, j’rapporte plein d’histoires différentes et j’en fais un mix, t’as vu ou pas ? 😉 Donc on s’rend indispensables car on devient carrément un “membre”, à part entière, d’un groupe, d’un label. T’avais pas compris que la nouveauté dans le genre de musique “rap” c’est qu’on a plus d’orchestre mais seulement un fou derrière des platines (ou un MacbookPro) ? Boom ! Le hip-hop est innovateur ! Mais on le savait déjà ça. Puis on commence à envahir les boîtes. Le Globo en particulier. Big Up à ceux qui pouvaient sortir à cet âge là. Et Maxi Big Up à Cut Killer.

Cut Killer, pas parce qu’il est marocain comme moi (et là tu t’dis : mais attends, elle m’a pas sortie qu’elle était algerienne ?” Hehe ! Bah j’suis les deux, ça explique ma schizophrénie), plutôt parce que c’est celui qui va changer le game un peu : il importe le concept de mixtape en France. Je sais qu’tu t’dis que mixtape c’est la base, tu comprends pas comment ça pouvait pas exister à l’époque… Sauf que c’est vrai, dans les 90’s, ce concept est ramené des US en France par Cut Killer pour différentes raisons : c’est un moyen de compiler différents artistes sous un même “parapluie” si on peut dire, ça permet d’étendre le mouvement plus rapidement (plusieurs artistes sur une compil’ qu’on multiplie et distribue et remultiplie…) et puis, la bonne ou mauvaise nouvelle, c’est dur de dire, ça crée un business. Eh oui, la mixtape devient un véritable business et appelle même au business. DJ Cut Killer devient surement le plus commercial des DJs à l’époque (et là y a rien de méchant, je veux dire par là que le gars il se fait une place dans l’industrie comme un businessman et c’est gratifiant, surtout à l’époque où le hip-hop dérange). Même si on peut être pro “indé” et pas trop pour le hip-hop cash machine, DJ Cut Killer a permis de développer ce métier : on appelle des DJ pour des événements de promotion, pense à Nike, on appelle des DJ pour mixer en boîtes de plus en plus, pense Gibus, Globo, et bizarrement, y a une radio qui sent le business et le profit monter et qui n’hésite pas à se spécialiser dans le rap. J’ai nommé Skyrock ! #easy Opportunistes, je sais pas, mais merci à eux d’avoir donner l’opportunité à Cut Killer (en même temps les marocains ont un don pour le business, faut avouer).

Bref, tu l’auras compris, après toutes ces lignes, que DJ Cut Killer c’est celui qui démocratise un peu le hip-hop et le DJing dans les années 90. Sans parler de la scène mythique du film La Haine (qui ne connaît pas n’a qu’à retourner se coucher), à la fin, qui a hypnotisé plus d’une personne et inspiré plus d’un futur DJ. Enfin, après promis c’est fini, pour démontrer, une fois de plus que le hip-hop c’est du talent solidaire, fin des années 90, Cut Killer lance le Double H DJ Crew, un groupe de DJ qui mixent ENSEMBLE, chacun ayant son talent. Le crew comprend, entre autres mais avant tout Dee Nasty, DJ Abdel, Crazy B et évidemment Cut Killer. Alors, tu commences à être convaincu(e) par Hip-Hop, mouvement d’unité

Comme promis, voici ma liste exhaustive des DJ qui pour moi, et normalement tout le monde, ont marqué ou marquent encore le mouvement hip-hop en France (et parfois à l’international !) :

DJ FAB – un peu mon chouchou – après Dee Nasty et DJ Mehdi, j’avoue lol. Parce que discret, vrai, passionné et DJ de La Caution (tu sais déjà ce que je pense d’eux <3) et mon rappeur US préféré, Mos Def. Sacré CV que de bosser avec Yassine Bey. Je suis presque jalouse, presque.

DJ Spank – principal DJ du label B.O.S.S. Mais si, tu connais, écoute Ma Benz de tu sais qui 😉

Sidney – H.I.P.H.O.P.

DJ Pone – Scred Connexion, Triptik, Svinkels et maintenant Birdy Nam Nam.

DJ Poska – label Funky Maestro, coup de coeur pour la compil’ de freestyle What’s the Flavor? avec bien des rappeurs que j’aime, normal.

DJ Mosko – Mafia K1fry, Cerise sur le Ghetto.

DJ Cream – surtout pour Nique la Musique de France et Oxmo.

DJ Djel – Fonky Family #forever.

Kore et Skalp, soit DJ Kore et DJ Skalp, obviously – TDSI de Rohff. Kore a même travaillé avec Rick Ross #OKLM comme on dit. Maintenant il s’occupe de SCH, entre autres. Peut mieux faire comme carrière #joke. Pour ce qui est de Skalp et Tony Parker, on va s’arrêter là #nojoke.

DJ Sya Style – pour Psy4 de la Rime.

DJ Abdel – déconne pas, j’vais pas te le présenter quand même.

Tefa & Masta – Sniper, Rohff, Busta Flex, Diam’s, Keny Arkana, Sinik, Pit Baccardi, Fianso… La liste est longue et j’ose espérer que eux, on les présente plus. Genre plus du tout.

Aujourd’hui DJ ça a bien évolué, beaucoup beaucoup même. Je pense que c’est la discipline hip-hop la plus ouverte à l’évolution d’ailleurs : DJ, producteur, rassembleur. C’est ça. Cet article honore tous les DJs, même ceux que j’ai pas cités d’ailleurs, DJs français qui, avec fierté, on peut le dire, sont de véritables chefs de bandes, en France comme à l’international. Reconnus pour un talent qui semble être inégalable en dehors de l’hexagone (en toute modestie #tahu). J’espère que tu l’as ressenti dans mon écrit 🙂

Je profite de cet article pour rendre hommage à un DJ/producteur en particulier qui nous a quitté quelques jours avant la publication de cet article. Zdar. Philippe Zdar. Membre de Cassius (groupe électro). Savoure ce qui suit :

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